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Pourquoi je n’ai pas avorté …

Je ne l’ai jamais caché.

Je n’en ai pas honte. Je suis une mère célibataire de 2 enfants.

Quand j’ai su que j’attendais le 2ème, j’ai pensé à l’avortement.

Ma vie avec ma fille était si bien… On était que toute les deux contre le reste du monde, me disais-je. Nous n’avions pas besoin d’un 3ème mousquetaire….

Et puis avec mon travail si difficile, comment pourrais-je m’occuper de 2 enfants (désolée j’ai du mal à faire confiance aux pères… Même au mien. Mais ça c’est une autre histoire.), mes perpétuels mal de dos, comment mener une grossesse à bout ? C’était impossible. Impossible. Un 2e enfant, impossible.

Alors je vais à l’hôpital, celui là même où je me suis faite suivre quand j’ai eu ma fille il y’a 4 ans.

Mon gyneco habituel est en congé, je vais voir son remplaçant. OK. C’est peut être mieux comme ça. Je n’aurai pas trop à me justifier, à m’expliquer…

C’est enfin mon tour.

– Bonjour madame…

– Bonjour Docteur…

– Vous êtes là pour quoi ?

– Pour une ivg

– OK, venez vous allonger… Relevez votre haut…

Il étale du gel sur mon abdomen et pose la tête de son appareil à échographie. Je vois à sa mine qu’il ne voit pas grand chose… Il insiste… Ensuite il me montre une sorte de petite rondeur sur l’écran de son appareil …

– ça doit être ça… A quand remonte vos dernières règles?

Nous sommes déjà de retour à son bureau.

– OK. Allez à la salle de bain là-bas et faites pipi dans cette boîte.

Il me tend sa petite boîte style tube.

Intérieurement je me dis « ouais cool, je vais enfin en finir et tout redeviendra comme avant. »

Je ramène le pipi. Il refait un test. Positif. Bah ouais.

– quel âge avez-vous?

– 32 ans

– combien d’enfants ?

– 1

– ok

Il grigouille, va savoir quoi…

– Désolée madame mais je ne pratique pas ce genre d’intervention.

😳

Hein, quoi ? Qu’est ce qu’il raconte…

– Loin de moi l’idée de vouloir vous juger. Mais personnellement, je suis contre et je ne le fais pas.

Je me lève, déboussolée, déjà énervée. Dans l’enceinte de l’hôpital je rouspète.

« non mais quel con. Pourquoi il m’a fait perdre mon temps alors. Je lui ai dit d’entrée de jeu ce que j’attendais de lui. Il me casse les couilles avec ses examens, ses tests, tout ça pour dire non ? Quel con je te jure. »

Mais c’est pas grave. Ça ne fait que confirmer que je sais ce que je veux. Une ivg. Merci.

Je vais voir un autre gynécologue. Celui là m’a-t-on dis ne s’encombre pas de trop de scrupules… Je vais directement à son cabinet.

Paiement de la consultation et du carnet, attente… Enfin il me reçoit.

– date de vos dernières règles. Il faut payer l’échographie intra-je-ne-sais-plus-quoi.

– en fait Docteur je suis là pour une ivg.

Il me guette à travers ses lunettes. « y a quoi encore ? » me demande-je.

– OK. Quel âge avez vous ? Nombre d’enfants ?

Encore ces questions ?

– Ma fille pourquoi tu veux avorter ? Tu n’as qu’un seul enfant.

– Docteur c’est déjà très difficile pour moi avec un seul.

Il me reguette.

– je ne pratique pas les ivg.

Là c’est trop pour moi.

Mais qu’est ce qu’ils ont tous à la fin? Ce pays où tout le monde se fiche de tout, où personne n’a de scrupules, ils ont tous décidé d’en avoir aujourd’hui.

C’est sur moi qu’ils ont décidé d’avoir des scrupules. Tous des cons inutiles.

Une amie m’amène chez une de ses amies plus experte en avortements que moi, sûrement elle a une bonne adresse…

La go commence par « ma chérie l’affaire là n’est pas bien.. ». 😳😒

Elle n’a qu’un seul enfant et en cherche au moins un autre sans succès. D’après elle c’est à cause de ses multiples avortements. Elle se sent déjà hyper coupable, elle ne peut pas m’encourager dans cette voie.

C’est bien ma journée. Tout le monde a une conscience apparemment sauf moi.

Je fini par avoir le téléphone d’une cousine (autre experte en avortement qui est même passée sur la table il y’a quelques jours) d’une autre amie. La cousine accepte de m’amener chez la dame qui lui fait ça.

La dame. Là on ne parle plus hôpital, gynécologue,…

La dame.

OK.

Là j’avoue. Je commence à avoir les chocottes.

Je repense à cette amie qui me dit depuis le début de ne surtout pas le faire… Elle l’a fait une fois et ne s’en ai jamais remise. Elle que je trouve tellement brave, si elle ne s’en est pas remise, est-ce que je pourrais moi ?

Moi si sensible et fragile…. 😔

Je rentre. Je passe une nuit horrible. Je la passe à rechercher sur internet des témoignages de femmes qui l’ont fait. Pour la plupart ça s’est bien passé et elles ne le regrettent pas.

Mais moi je suis le genre de personne pour qui sa coince. Toujours. Je me fait toujours prendre par la police.

Je pleure.

Un coup je suis décidée, la minute d’après je ne le suis plus.

Le jour se lève. J’ai rendez-vous dans cette « clinique » de quartier.

Finalement je n’y vais pas . Je n’y mettrai jamais les pieds.

À la place je vais voir ma mère. Elle me tien un discours. Pas celui auquel je m’attendais. Alors je sais.

Je l’ai toujours su. Mais j’ai peur.

J’aime avoir la maîtrise de la situation. Ne rien maîtriser c’est comme tomber dans un gouffre. Sauf qu’on ne sait pas ce qui nous attend en bas.

La vérité c’est que dans cette vie. Nous ne maîtrisons pas tout. D’ailleurs nous ne maîtrisons pas grand chose.

Je sais que ça fait cliché de dire « rien n’arrive sans raison ». Mais c’est tellement vrai…

Vous vous demandez certainement comment une « grande fille » comme moi a fait pour tomber enceinte ? comment elle a fait pour en arriver là ? Comment une « vieille fille » comme elle a fait pour se retrouver avec les mêmes problèmes qu’une gamine de 15 ans ?

Rassurez-vous. Je me suis posée les mêmes questions. J’en ai pleuré des nuits entières.

La réponse est pourtant si simple. Ça devait arriver.

Je regarde mon bébé à côté de moi et je ne me souviens même plus de comment était la vie sans lui. Pire, je me dis que sa sœur et moi nous étions bien seules.

Notre famille n’est pas parfaite. C’est sûr. Mais elle transpire l’amour. Ça me suffit.

Si tu es une femme dans cette situation et que tu lis ceci, je tiens à te dire que tu n’as pas à te sentir jugée ou mal ou mauvaise parce que tu penses à l’avortement.

Mon avis là dessus c’est que tu as le choix. Il t’appartient. Mais soit sûre d’assumer ce choix. Peu importe les conséquences.

Et dis toi que la situation n’est peut être pas aussi grave que tu le crois. Dis toi que ce bébé peut au final te faire plus de bien que de mal. C’est vrai, tu as le choix. Mais c’est vrai aussi que tu n’as pas toutes les données.

En ce qui concerne l’avortement, peu de femmes te l’avourons, mais beaucoup l’ont fait. Très peu l’assume.

Alors demandes toi si tu pourras l’assumer.

Quelle est votre passion ?

Je vais commencer par nous rappeler à tous la parabole des talents.

« Veillez donc ; car vous ne savez ni le jour ni l’heure.
Car c’est comme un homme qui, s’en allant hors du pays, convoqua ses propres esclaves et leur confia ses biens : à l’un, il donna cinq talents ; à un autre, deux ; à un autre, un ; à chacun selon sa propre capacité. Puis il s’en alla hors du pays. Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents alla les faire valoir et en acquit cinq autres. De même, celui qui avait reçu les deux en acquit deux autres. Mais celui qui en avait reçu un alla creuser dans la terre et cacha l’argent de son maître.
Longtemps après, le maître de ces esclaves vient et fait ses comptes avec eux. Celui qui avait reçu les cinq talents s’approcha, apporta cinq autres talents et dit : Maître, tu m’as confié cinq talents ; voici j’ai gagné cinq autres talents. Son maître lui dit : Bien, bon et fidèle esclave ; tu as été fidèle en ce qui est peu, je t’établirai sur beaucoup : entre dans la joie de ton maître.
Celui qui avait reçu les deux talents s’approcha aussi et dit : Maître, tu m’as confié deux talents ; voici, j’ai gagné deux autres talents. Son maître lui dit : Bien, bon et fidèle esclave ; tu as été fidèle en ce qui est peu, je t’établirai sur beaucoup ; entre dans la joie de ton maître.
Celui qui avait reçu un talent s’approcha aussi et dit : Maître, je te connaissais comme un homme dur : tu moissonnes où tu n’as pas semé et tu récoltes où tu n’as pas répandu ; alors par crainte, je suis allé cacher ton talent dans la terre ; voici, tu as ce qui t’appartient. Son maître lui répondit : Méchant et paresseux esclave, tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé et que je récolte où je n’ai pas répandu ! Tu aurais dû placer mon argent chez les banquiers et, à mon retour, j’aurais reçu ce qui m’appartient avec l’intérêt. Otez-lui donc le talent et donnez-le à celui qui a les dix talents. Car à quiconque a, il sera donné, et il sera dans l’abondance ; mais à celui qui n’a pas, cela même qu’il a lui sera ôté. Quant à l’esclave inutile, jetez-le dans les ténèbres de dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents » (Matt. 25 : 14-30).

Pour moi cette parabole est assez (bien que chacun peut la comprendre à sa guise) claire. Tout être humain vient au monde avec au moins un talent. Les plus chanceux en ont plusieurs. Mais chacun de nous en a moins un. Et ne pas le valoriser peut être considéré comme un péché ou une faute grave.

Je déteste jouer les « donneuse de leçons », je préfère vous parler de mon expérience personnelle.

J’ai eu très tôt la chance de savoir exactement ce que je voulais faire de ma vie. Il y a eu des choses qui m’ont permises de vite comprendre. Notre voisine qui était couturière par exemple, sans compter mon amour pour le dessins, les couleurs, les tissus…

J’ai toujours voulu créer.

Vous avez certaines choses que vous faites avec une certaine facilité, dans tout votre entourage vous êtes le meilleur à ça. Et vous aimez faire ça. Ça devrait vous mettre la puce à l’oreille. 😉

Moi c’était le dessin, et la faciliter à reproduire un vêtement, juste en regardant l’original. Et sans jamais avoir appris où que ce soit. Ouais, à l’époque YouTube n’existait pas. 😁

Écoutez-vous. C’est important.

Dieu n’a pas distribué ces dons au hasard. Ils sont sensés être utiles à vous et aux autres.

Pour moi ce qui nous empêche de valoriser nos talents c’est la société dans laquelle nous vivons. Nous avons cette fâcheuse tendance à nous préoccuper de ce que les gens pensent.

Une fois de plus je vais prendre mon cas. Je me souviens encore de cette phrase de ma mère « tu es trop intelligente pour la couture ». Je vous assure qu’aujourd’hui elle regrette de ne pas m’avoir accompagnée comme il le fallait.

Donc j’ai suivi le troupeau.

Nous vivons dans un monde où les différences font peur. Si tu n’agis pas comme tout le monde, si tu ne penses pas comme tout le monde, tu es en quelque sorte mis à l’écart. Il ne faut pas aller contre le vent.

Moi je comprend aujourd’hui qu’en réalité aller contre le vent c’est aller contre sa nature profonde. Aller contre le vent c’est creuser et enterrer ce talent que Dieu lui-même nous a confié.

Imaginez un peu vous lever tous les matins sachant que vous allez passer la journée à faire ce que vous aimez. C’est trop beau pour être vrai n’est-ce pas ? 😁Et pourtant c’est une réalité qui ne dépend que de vous.

J’aime à penser (et je suis peut être un peu trop idéaliste) que si tout le monde vivait de son don, de sa vraie vocation, il y aurait moins de négligence dans les hôpitaux, moins d’enseignants résignés, moins de laxisme dans nos administrations et surtout moins de corruption parce que quand vous faites votre travail par plaisir vous n’avez pas besoin que l’on vous paie en plus pour çà.

Nous avons tous un don. Certes c’est pas évident d’être attentif, surtout quand nos parents ont déjà tout décidé pour nous.

Moi je suis de ceux qui ont eu une « passion dévorante ». Chaque fois que je m’éloignait d’elle, elle revenait plus forte, jusqu’à ce que je me laisse faire…

C’est sûr, la perfection n’existe pas. Mais nous passons plus de la moitié de notre vie d’adulte au travail. Alors il vaut mieux choisir celui qui nous rendra heureux.

Libertés. Femme que fais-tu des tiennes?

Très jeune déjà, je souhaitais être un garçon.

Hum ! Bizarre.

Comment est ce qu’une jeune fille de 14 ans peut elle rêver être garçon ?

Je pense qu’à cet âge là je voyais déjà ce que la société attendait de moi et je savais déjà qu’il ne me serait pas facile de jouer ce rôle.

Jeune déjà j’étais trop têtue, j’avais trop de caractère et trop de personnalité. Même si en apparence j’étais une mauviette que pleurnichait à la moindre occasion, au fond j’étais plus dure que çà et ceux qui me connaissent savent que j’ai toujours refusé d’être “la femme”. Oui j’aurais préféré être un homme.

Même si rien n’est facile en ce monde, avouons que nous vivons dans un monde où les règles et les lois ont étés écrites par des hommes. Donc oui chacun prêche pour sa paroisse. C’est ainsi et au fond il est inutile de reprocher aux hommes d’être des hommes.

Non. Le reproche je le fais à nous les femmes.

Le 8 Mars de chaque année a été décrété Journée Internationale de la Femme. Faux !

Combien de femmes savent réellement ce que signifie cette journée ? Combien de femmes se posent même réellement la question ? Non mesdames, ce n’est pas la Journée Internationale de la Femme (nous nous contentons de si peu…). Il s’agit de Journée Internationale de Lutte pour les DROITS des Femmes.

Les DROITS des femmes. Parlons en.

Dans mon cher pays le Cameroun, d’année en année, un constat affligeant. Le seul droit que réclament les femmes, c’est le droit d’avoir le pagne. C’est si simple, et si stupide.

Pour ce seul motif, elles trompent leurs maris, elles découchent, se vont violer, dorment dans des caniveaux,.. pour le pagne, pour le 8 mars. Les droits des femmes.

On peut faire tellement de reproches aux hommes mesdames, mais reconnaissons-le. Nous sommes les premières responsables de nos malheurs.

Notre société nous a mise dans une boîte. Certes. Mais les murs de notre boîte, nous les entretenons. Dès qu’ils s’effritent nous les rebâtissons. Cela me fait penser à ces prisonniers qui redoutent tellement la liberté qu’ils commettent d’autres crimes en prison pour être sûrs de ne jamais en sortir.

Nous sommes à l’ère des libertés. Liberté d’expression, liberté d’orientation sexuelle, liberté de ci, liberté de çà.

Mais je vous le demande. Elle est où la liberté des femmes ?

Une femme qui ne sait pas faire la cuisine, c’est un scandale.

Une femme qui ne sait pas entretenir une maison, c’est un scandale.

Une femme qui ne peut pas faire d’enfant, tout le monde la plaint, elle fait pitié, elle est même marginalisée.

Une femme qui ne veut pas faire d’enfant, au mon Dieu. Impossible. Il ya quelque chose qui ne va pas chez elle, elle a dû être traumatisée dans sa jeunesse.

Une femme qui choisit une carrière professionnelle a une vie de famille, “hum ! Qu’est ce qu’elle veut nous montrer celle-là ? Une femme reste une femme, elle va regretter”.

Je peux concevoir et même accepter que les hommes nous définissent de cette manière. Mais il est pour moi inconcevable qu’une femme en fasse autant.

Les femmes ont été conditionnées pour être des épouses. Dans notre société, une femme est prête à tout pour se faire appeler Madame. Elle est prête à payer toutes les factures de la maison, prête à satisfaire monsieur comme et quand il veut sexuellement, prête à subir toutes sortes d’humiliations. Oui, peu importe. Elle est respectée, elle. Elle est considérée, elle. Elle a pitié de cette pauvre vieille fille célibataire qui gagne bien sa vie, gère son emploi du temps, s’envoi en l’air quand il lui plait et peut même décider si elle tombe enceinte ou pas.

Oui. Elle est bien mieux, elle. Elle est “Madame”.

Audrey Aboula par William Nsai

Audrey Aboula par William Nsai

Pas d’amalgame. Je ne suis pas entrain de dire que le célibat est mieux que le mariage. Non. A deux on a toujours été plus fort.

Ce que je dis, c’est que les femmes doivent connaître ce qu’elles valent. Elles doivent accepter le fait qu’il vaut mieux être seule que mal accompagnée. Elles doivent apprendre à être heureuses pour elles même. Elles doivent savoir que leur vie ne doit pas dépendre de celle d’un homme, leur bonheur ne doit pas dépendre d’un homme ou de qui que ce soit d’autre.

Nous sommes dans un pays en voie de développement et nous avons besoin de toutes les ressources possibles.

N’est ce pas désolant dans un pays comme le nôtre de voir une femme intelligente et au potentiel extraordinaire être réduite aux tâches de ménage ou de cuisine, alors qu’elle pourrait monter des projets qui pourraient employer d’autres personnes ?

N’est ce pas un pur gâchis de voir cette fille de 26 ans qui au lieu de travailler pour pouvoir subvenir à ses besoins, ou encore faire des études, a pour seul objectif se trouver un mari potentiel et lui faire pleins de bébés ?

N’est-ce pas scandaleux cette mère qui au lieu d’encourager sa fille a poursuivre ses études, l’incite clairement à laisser tomber sous prétexte que les hommes n’aiment pas les “longs crayons ?”

Pourquoi les femmes devraient-elles se diminuer et s’amoindrir pour donner aux hommes l’impression qu’”elle est très grosse “? Pour leur donner un semblant de supériorité ? N’est-ce pas pathétique ?

C’est vrai, je suis une féministe. Mais je ne pense pas les hommes et les femmes soient égaux. Ce serait beaucoup trop simple.

Aucun individu n’est identique à un autre. Chacun de nous a ses forces et ses faiblesses. Désolée de vous l’apprendre mais toutes les femmes ne sont pas douées pour la cuisine. Toutes les femmes n’ont pas l’instinct maternel.

Je me souviens quand j’étais au lycée la plupart pensait que les garçons devaient faire une classe scientifique et les filles une classe littéraire.

Vous parlez de liberté ? Il y a d’autres formes que le carré, il y a d’autres couleurs que le noir et le blanc.

Non, l’homme et la femme ne peuvent pas être égaux, car aucune personne n’est égale à une autre.

Mais la femme est plus que ce vous pensez qu’elle est, elle est plus que ce qu’elle pense être.

Elle a un boulot qui l’occupe de 8h à 17h. Mais elle trouve le temps de cuisiner, s’occuper des enfants, réviser avec eux leurs leçons, faire la lessive et le repassage, pendant que monsieur boit une bière avec ses copains ou regarde un match à la télé. Et comme si çà ne suffisait pas, elle doit assurer au lit. Et malgré tout elle est convaincue qu’elle est le sexe faible. Pire, elle fait semblant d’être le sexe faible pour vous donner l’impression d’être le sexe fort.

Dans cette histoire il n’y a ni fort ni faible. Peu importe le contexte ou le lieu, ou le temps, l’homme et la femme devraient être une équipe. Une équipe soudée qui avance ensemble, se bat ensemble et évolue ensemble. Pour le bien de la société, pour le bien de notre pays et de l’humanité.

Voilà ce que je revendique en tant que féministe. Ne nous sommes ni égales à vous, ni moins que vous, ni même supérieure à vous. Il ne s’agit pas d’une équation mathématique. Nous sommes vos partenaires, vos équipières, celles sans qui ni vous ni personne ne seraient là pour en parler.

Et mesdames, vous valez mieux, bien mieux que çà. Faire la cuisine, le ménage ou la lessive, il n’y a absolument rien de mal à çà. Mais vous pouvez apportez plus que çà, donner plus que çà.

Sachez qui vous êtes vraiment, soyez qui vous êtes vraiment. Sortez de cette boîte. Soyez libres.

L’Africanisation de l’Afrique

Quand je regarde autour de moi aujourd’hui, je vois l’Afrique. Celle qui se racontait dans les livres que j’ai lu. Celle qui est travailleuse, celle qui sait qui elle est, d’où elle vient et qui le montre.

Oui je parle de l’Afrique positive hein, la noire qu’on noircit tous les jours là, No Way !

Avant, je ne me reconnaissais pas moi même dans cette Afrique que je lisais et que j’imaginais. Cela vient peut être de moi, peut être qu’avant je n’étais pas assez attentive. Quoiqu’il en soit, je vois les choses différemment aujourd’hui.

Faites l’expérience, regardez autour de vous, dans le taxi, en voiture, sur les réseaux sociaux. Ne voyez vous pas la même chose que moi? Le pagne, le frisé, le sourire?

Les Africains ont adopté le Wax. Matière qui à une certaine époque était réservée à nos mamans, à nos deuils, à nos mariages. Aujourd’hui le wax se porte partout, par tous. Certes il est plus moderne (et çà j’adore!), plus street, plus chic, plus soirée, mais il est de plus en plus présent. Il se réinvente un peu plus tous les jours.

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Les Africaines (j’insiste sur le féminin), sont de plus en plus nombreuses à passer au cheveux naturel. Je fais un petit stop pour préciser ceci: le cheveux afro n’est ni une mode, ni une tendance, c’est un fait! Il n’existe aucun mouvement du cheveux blanc, ou asiatique ou indien. Le retour au cheveux afro ne devrait pas être une « mode », ni une « revendication ». Donc, une fille qui a ses cheveux défrisés n’est pas moins africaine qu’une autre.

Mais je note tout de même que les femmes africaines s’intéressent un peu plus à leur chevelure de base. Elles s’en informe, essaient d’en prendre soin, essaient de les mettre en valeur de biens des façons et çà c’est remarquable. Petit constat tout simple: que ce soit au travail, dans des évènements, ou à des soirées, le nombre de femmes à la chevelure naturelle a bien augmenté. Il y a quelques années ce n’étaient que les petites filles et quelques rescapées du collèges ou encore quelques chanceuses qui avaient le cheveux naturellement souple et trop peur du défrisage. 😀

Les hommes ne sont pas en reste, leurs cheveux naturels poussent de plus en plus haut, ils encouragent même leurs compagnes à virer de bord.

Mais je redis et j’insiste, le défrisage n’est pas un péché. Des cheveux en santé, frisés ou non, valent mieux qu’un tissage de deux mois qui empeste la choux pourrie. Je dis çà je dis rien.

Et oui! même le foulard devient une tendance ! Celle là, elle est excellente ! Si ma grand-mère au village savait çà, je suis certaine que çà la ferait sourire.

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Vous vous rendez compte que nous sommes entrain d’adopter dans notre quotidien toutes ces pratiques que nous rejetions férocement?

Les modes vont et viennent. J’espère que tout ceci n’est pas qu’une mode parce que j’aime ce que je vois.

J’aime mon Afrique. Elle se retrouve, elle sait de plus en plus qui elle est, elle est joyeuse, épicée et fière.

Heu..je parle bien de l’Afrique hein, pas de moi. LOL.

 

 

1j, 2j, 3j, 4…6, 7… Marre de compter…

J’avoue que cette semaine n’a pas été de toute gaieté pour moi.
Toutes mes apprenties étaient indisponibles. Maladies et autres responsabilités. J’ai dû me taper une semaine seule au monde. C’était pas la joie. Elles m’ont terriblement manquées. Du coup j’avais envie de rien. Surtout pas de travailler. Dommage parce que j’ai une tonne de boulot en retard. Et sans les bras supplémentaires, c’est plus que chaud. Même si en fait il fait très frais sur Douala et que j’ai super froid (début de paludisme).

Comme si çà ne suffisait pas, les petits « couacs » du quotidien s’en sont mêlés : la télé qui explose, toute seule dans son coin, le moteur de la machine à coudre qui se grille, les paiements qui n’arrivent pas, les factures qui elles, arrivent bel et bien… Pfff…laissez moi dormir svp…

Cerise sur le magnifique gâteau de cette semaine pourrie, les attaques de BH (même prononcer leur nom çà m’énerve au plus haut point) sur la ville de Maroua.

Les clientes attendent, les commandes doivent être livrées. Il faut que je me lève. Il faut que je marche. Sans peur, sans crainte, car c’est ce que veut l’ennemi.

On a le droit de plier (c’est même nécessaire parfois), mais on a pas le droit d’être brisé.

La maladie ne m’arrêtera pas. L’ennemi ne nous arrêtera pas.

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Photo de William Nsai

Tribalisme? Et oui! Encore!

C’est un petit incident qui est arrivé à un ami qui me force à l’écrire. Laissez-moi vous raconter.

Mon ami est VRP multicartes (il vend plusieurs produits différents pour plusieurs entreprises différentes) et était justement en pleine prospection et proposait cette fois-là des lots de chemises cartonnées à 3 000 FCFA le paquet.

Il est important que je vous précise que mon ami est un peu enrobé et de teint noir sombre.

Il arrive donc dans un bureau où il trouve une dame assise derrière et un monsieur en face d’elle. Il se présente comme vendeur et présente son produit. La dame hésite. Le monsieur lui demande (à mon ami): « tu es de l’ouest n’est-ce pas? De quel village? » lui il répond: « oui je suis de l’ouest ». Il sait comment çà se passe et il veut vendre. Parce que entre vous et moi, il n’est pas de l’ouest mais plutôt du littoral.

La dame continue d’hésiter. Le monsieur d’appuyer: « il faut prendre c’est notre frère ». Et de demander à mon ami: « Tu t’appelles comment? Kamga?…il faut nous dire ton nom hein! »

Finalement la dame prend un paquet de chemises. Et pendant que mon ami s’apprête à sortir, le monsieur d’ajouter: « la prochaine fois tu reviens avec ton nom et le nom de ton village. Comme çà on va prendre même 20 paquets! »

Cette histoire m’a déconcertée parce que je savais que dans notre pays appartenir a un certain groupe social ou ethnique vous donnait quelques facilités mais je n’imaginais pas que tout se faisait de façon aussi ouverte et flagrante.

Personnellement je n’ai jamais vraiment subit les avantages ou les inconvénients d’appartenir ou pas à telle ou telle tribut, sauf une fois quand je préparais le CEPE. Mais çà remonte à loin et depuis j’essaie de me convaincre que çà va mieux et que les mentalités changent.

Dans certaines entreprises, tout le monde vient du même village, est de la même ethnie. Les employés parlent leur dialecte au bureau, on se croirait à une réunion de famille.

Vous touvez un frère ou une soeur du village impoli à l’accueil, qui chasse les clients. Vous trouvez ailleurs un commercial qui se fiche de vendre ou pas, car son oncle ne le mettra jamais à la porte.

Pendant ce temps des personnes qui n’ont ni frère, ni oncle, ni tante et qui sont capables de faire 10 fois mieux le travail, sont au chômage, assis sur un benskin ou derrière un call-box!

D’où viendra le changement? De qui viendra le changement?