Nous avons le droit d’avoir peur

Il est 1h14 du matin. La mère imparfaite que je suis a encore laissée les enfants devant les dessins animés et se bouge enfin pour les mettre au lit.

Couchée, mon cerveau n’arrive pas à s’endormir. Pourquoi ce soir ? Je n’en sais rien. Toujours est-il que toutes sortes d’interrogations fusent dans ma tête. En particulier pourquoi la 2ème place sur mon lit est toujours vide ? Pourquoi je ne me sens pas toujours en sécurité dans ma vie ? Est-ce que j’ai fais les bons choix ? Est-ce que lorsque je les ai fais j’ai réellement pesé le pour et le contre ? Est-ce que j’ai vraiment pensé à mes enfants ? Est-ce que à continuer toute seule je pourrais vraiment leur offrir un avenir ? Est-ce que je ne pourrais pas être plus conciliante, juste pour eux ? Est-ce que…?

Les questions s’enchaînent. Il y en a tellement. Les réponses ce soir sont terrifiantes. D’habitude j’essaie de positiver. Je suis croyante. Je prie. Je crois au destin. À la mission prévue d’avance. Au fait qu’on doive s’y rapprocher, autant que faire se peut. Mais ce soir en particulier, ma foi chancelle. J’ai peur.

Alors je décortique chacun de mes choix. Pris individuellement, chacun d’eux a un sens, chacun d’eux est le bon. Mais peut être que je n’ai pas pensé à tout.

Je me demande très souvent où est-ce que j’en serai si je n’avais pas quitté mon boulot. Vous savez, celui qui est bien balisé, tracé, sécurisé… Je serai déjà peut être mariée. Beaucoup de mes anciens collègues ont trouvé leur conjoint au travail. J’aurai certainement des problèmes différents de ceux que j’ai aujourd’hui. Je me sentirai peut être plus protégée ? Ou pas. Je serai peut être plus heureuse… Ou pas.

Au final, même si je me demande ce qu’aurait donné des choix différents, je ne regrette pas ceux que j’ai fais. On va dire que cette nuit est une nuit « sans ». On a le droit d’être à plat. On a le droit d’avoir peur. De se sentir seul. Parce qu’au fond, on l’est tous. On vient seul et on part seul. On assume seul ses décisions. On a le droit de s’interroger, de douter.

Le monde d’aujourd’hui est tellement tourné vers le paraître que plus personne n’ose admettre que ça ne va pas bien. On fait semblant, on se voile la face, on tourne en rond. Les visages et les sourire se figent, on perd en vérité, on perd en authenticité. On rejoint le club des zombies de la génération hyper connectée mais pas du tout concernée.

Oui ce soir, j’ai peur. Ce soir je doute. Je pense que ça me rend plus humaine, plus accessible, plus vivante.

Demain est un nouveau jour. Je retourne au combat. On va dire que cette nuit j’ai fais un petit break. Une petite pause dans la bataille, un petit bol d’air avant de reprendre les armes.

On en a besoin vous savez ? Être faible et vulnerable, ça fait aussi du bien.

5 thoughts on “Nous avons le droit d’avoir peur”

  1. Bel article…
    J’ai cependant du mal à cerner le message car je me perds entre les questionnements d’une jeune maman célibataire et le sujet de la vulnérabilité.
    Pour moi chacun de ces sujets devraient avoir son article.
    Je sens du potentiel en toi. Va plus loin et continue de te questionner. Surtout continue d’essayer de trouver des réponses ! Pour moi la thèse fataliste du destin, des chemins tracés d’avance est totalement erronée. Ça porte à croire que nous sommes des marionnettes qui sont la pour accomplir une chose et mourir. Je n’y crois pas car c’est beaucoup facile, beaucoup trop paresseux de penser comme ça, beaucoup trop anti-chretien: pour moi Dieu nous a fait libres et éclairés. Il nous donne le choix de tracer nous même notre destin, car une grande vérité est que ce que tu veux tu l’obtiens.
    Je vais m’arrêter ici.
    Bonne continuation et hâte de te lire.
    Je découvre ton blog.

    1. Tout d’abord je tiens à te remercier d’avoir pris le temps de me lire. 😊

      Pour continuer, le message est simple. Il est dans le titre. On a le droit d’avoir peur. On a le droit d’être faible. On a le droit de prendre un bol d’air.

      Je suis très croyante moi aussi et je trouve très intéressant de constater que 2 chrétiennes voient la notion de destin très différemment.

      Je pense que tu prends la notion de destin comme une fatalité. C’est vrai en général c’est l’excuse des personnes qui ne veulent pas se battre, qui ne veulent pas faire d’effort. Ces personnes disent juste « je n’y peux rien ». Ce qui est faut.

      Ma façon de voir le destin c’est surtout comme une mission, basée sur le fait que Dieu ne peut nous vouloir que du bien. Si tu es chrétienne tu connais certainement la parabole des dons. Dieu a confié à chacun de nous un don, à nous de le porter et de le fructifier. Pour moi c’est ça le destin qu’Il a prévu pour nous. Mais nous gardons le libre arbitre… Soit nous l’ecoutons et nous suivons le chemin qu’Il veut pour nous, soit nous faisons autrement. C’est d’ailleurs le socle de la foi n’est-ce pas ?

      Dieu à une mission pour chacun d’entre nous, faisons lui confiance et laissons nous guider.
      Je me suis peut-être mal exprimée mais c’est ma conception du destin.

      Merci pour tes remarques très pertinentes.

      Ps: accomplir une chose et mourir c’est bien moins facile que tu ne le crois. Il faut avoir confiance, il faut se laisser faire, il faut croire, envers et contre tout. Il faut avoir la foi. Et même le plus fervent chrétien se bat tous les jours pour asseoir sa foi. Jésus lui-même avait une mission et même pour lui ça n’a pas été facile.

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