Archive dans février 2019

Pourquoi je n’ai pas avorté …

Je ne l’ai jamais caché.

Je n’en ai pas honte. Je suis une mère célibataire de 2 enfants.

Quand j’ai su que j’attendais le 2ème, j’ai pensé à l’avortement.

Ma vie avec ma fille était si bien… On était que toute les deux contre le reste du monde, me disais-je. Nous n’avions pas besoin d’un 3ème mousquetaire….

Et puis avec mon travail si difficile, comment pourrais-je m’occuper de 2 enfants (désolée j’ai du mal à faire confiance aux pères… Même au mien. Mais ça c’est une autre histoire.), mes perpétuels mal de dos, comment mener une grossesse à bout ? C’était impossible. Impossible. Un 2e enfant, impossible.

Alors je vais à l’hôpital, celui là même où je me suis faite suivre quand j’ai eu ma fille il y’a 4 ans.

Mon gyneco habituel est en congé, je vais voir son remplaçant. OK. C’est peut être mieux comme ça. Je n’aurai pas trop à me justifier, à m’expliquer…

C’est enfin mon tour.

– Bonjour madame…

– Bonjour Docteur…

– Vous êtes là pour quoi ?

– Pour une ivg

– OK, venez vous allonger… Relevez votre haut…

Il étale du gel sur mon abdomen et pose la tête de son appareil à échographie. Je vois à sa mine qu’il ne voit pas grand chose… Il insiste… Ensuite il me montre une sorte de petite rondeur sur l’écran de son appareil …

– ça doit être ça… A quand remonte vos dernières règles?

Nous sommes déjà de retour à son bureau.

– OK. Allez à la salle de bain là-bas et faites pipi dans cette boîte.

Il me tend sa petite boîte style tube.

Intérieurement je me dis « ouais cool, je vais enfin en finir et tout redeviendra comme avant. »

Je ramène le pipi. Il refait un test. Positif. Bah ouais.

– quel âge avez-vous?

– 32 ans

– combien d’enfants ?

– 1

– ok

Il grigouille, va savoir quoi…

– Désolée madame mais je ne pratique pas ce genre d’intervention.

😳

Hein, quoi ? Qu’est ce qu’il raconte…

– Loin de moi l’idée de vouloir vous juger. Mais personnellement, je suis contre et je ne le fais pas.

Je me lève, déboussolée, déjà énervée. Dans l’enceinte de l’hôpital je rouspète.

« non mais quel con. Pourquoi il m’a fait perdre mon temps alors. Je lui ai dit d’entrée de jeu ce que j’attendais de lui. Il me casse les couilles avec ses examens, ses tests, tout ça pour dire non ? Quel con je te jure. »

Mais c’est pas grave. Ça ne fait que confirmer que je sais ce que je veux. Une ivg. Merci.

Je vais voir un autre gynécologue. Celui là m’a-t-on dis ne s’encombre pas de trop de scrupules… Je vais directement à son cabinet.

Paiement de la consultation et du carnet, attente… Enfin il me reçoit.

– date de vos dernières règles. Il faut payer l’échographie intra-je-ne-sais-plus-quoi.

– en fait Docteur je suis là pour une ivg.

Il me guette à travers ses lunettes. « y a quoi encore ? » me demande-je.

– OK. Quel âge avez vous ? Nombre d’enfants ?

Encore ces questions ?

– Ma fille pourquoi tu veux avorter ? Tu n’as qu’un seul enfant.

– Docteur c’est déjà très difficile pour moi avec un seul.

Il me reguette.

– je ne pratique pas les ivg.

Là c’est trop pour moi.

Mais qu’est ce qu’ils ont tous à la fin? Ce pays où tout le monde se fiche de tout, où personne n’a de scrupules, ils ont tous décidé d’en avoir aujourd’hui.

C’est sur moi qu’ils ont décidé d’avoir des scrupules. Tous des cons inutiles.

Une amie m’amène chez une de ses amies plus experte en avortements que moi, sûrement elle a une bonne adresse…

La go commence par « ma chérie l’affaire là n’est pas bien.. ». 😳😒

Elle n’a qu’un seul enfant et en cherche au moins un autre sans succès. D’après elle c’est à cause de ses multiples avortements. Elle se sent déjà hyper coupable, elle ne peut pas m’encourager dans cette voie.

C’est bien ma journée. Tout le monde a une conscience apparemment sauf moi.

Je fini par avoir le téléphone d’une cousine (autre experte en avortement qui est même passée sur la table il y’a quelques jours) d’une autre amie. La cousine accepte de m’amener chez la dame qui lui fait ça.

La dame. Là on ne parle plus hôpital, gynécologue,…

La dame.

OK.

Là j’avoue. Je commence à avoir les chocottes.

Je repense à cette amie qui me dit depuis le début de ne surtout pas le faire… Elle l’a fait une fois et ne s’en ai jamais remise. Elle que je trouve tellement brave, si elle ne s’en est pas remise, est-ce que je pourrais moi ?

Moi si sensible et fragile…. 😔

Je rentre. Je passe une nuit horrible. Je la passe à rechercher sur internet des témoignages de femmes qui l’ont fait. Pour la plupart ça s’est bien passé et elles ne le regrettent pas.

Mais moi je suis le genre de personne pour qui sa coince. Toujours. Je me fait toujours prendre par la police.

Je pleure.

Un coup je suis décidée, la minute d’après je ne le suis plus.

Le jour se lève. J’ai rendez-vous dans cette « clinique » de quartier.

Finalement je n’y vais pas . Je n’y mettrai jamais les pieds.

À la place je vais voir ma mère. Elle me tien un discours. Pas celui auquel je m’attendais. Alors je sais.

Je l’ai toujours su. Mais j’ai peur.

J’aime avoir la maîtrise de la situation. Ne rien maîtriser c’est comme tomber dans un gouffre. Sauf qu’on ne sait pas ce qui nous attend en bas.

La vérité c’est que dans cette vie. Nous ne maîtrisons pas tout. D’ailleurs nous ne maîtrisons pas grand chose.

Je sais que ça fait cliché de dire « rien n’arrive sans raison ». Mais c’est tellement vrai…

Vous vous demandez certainement comment une « grande fille » comme moi a fait pour tomber enceinte ? comment elle a fait pour en arriver là ? Comment une « vieille fille » comme elle a fait pour se retrouver avec les mêmes problèmes qu’une gamine de 15 ans ?

Rassurez-vous. Je me suis posée les mêmes questions. J’en ai pleuré des nuits entières.

La réponse est pourtant si simple. Ça devait arriver.

Je regarde mon bébé à côté de moi et je ne me souviens même plus de comment était la vie sans lui. Pire, je me dis que sa sœur et moi nous étions bien seules.

Notre famille n’est pas parfaite. C’est sûr. Mais elle transpire l’amour. Ça me suffit.

Si tu es une femme dans cette situation et que tu lis ceci, je tiens à te dire que tu n’as pas à te sentir jugée ou mal ou mauvaise parce que tu penses à l’avortement.

Mon avis là dessus c’est que tu as le choix. Il t’appartient. Mais soit sûre d’assumer ce choix. Peu importe les conséquences.

Et dis toi que la situation n’est peut être pas aussi grave que tu le crois. Dis toi que ce bébé peut au final te faire plus de bien que de mal. C’est vrai, tu as le choix. Mais c’est vrai aussi que tu n’as pas toutes les données.

En ce qui concerne l’avortement, peu de femmes te l’avourons, mais beaucoup l’ont fait. Très peu l’assume.

Alors demandes toi si tu pourras l’assumer.

Mon Streetwear Market 2018

En décembre dernier à eu lieu le Douala Hip-hop Festival. Qui dit DHF dit Streetwear Market. C’est un peu le marché du festival, où toutes les marques en lien avec la mode urbaine viennent exposer leurs travaux. Le concept me plaît beaucoup. J’y avais déjà participé en 2017, ce qui m’avait beaucoup plu. Donc j’ai décidé de remettre le couvert pour cette dernière édition.

Si il est évident que l’événement (tout comme tous les évènements en lien avec la culture en général et la mode en particulier) à grand besoin de sponsors, il n’en démord pas moins que ce qui devait être fait à été fait.

J’avoue que lorsqu’on m’a demandé de participer au défilé j’ai un peu hésité, vu le délai assez court de préparation que j’avais.

J’adore le podium. Le défilé d’accessoires est toujours très animé car à chaque fois il sort du commun. Il me fallait donc préparer quelque chose d’unique et original (comme d’hab 😉) pour l’événement.

J’ai donc opté pour des colliers. Vu que le thème général du Streetwear Market c’est bien sûr le côté « street », il me fallait créer des pièces en rapport avec l’esprit de la rue. Je suis partie sur un mélange de tissus coton stretch utilisé pour les t-shirts (découpés à même les t-shirts) et de jean (découpé à même des vêtements en jean). Oui j’ai fais du recyclage. 😁

Cela m’a donc permis de créer 6 pièces qui j’ espère vous plairont.